Cet article repose sur un seul reportage publié par BBC News Arabe. Les informations qu'il contient n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante.

Selon ce reportage, un groupe armé qui se fait appeler « Taliban » est actif en Haïti. Le reportage indique qu'il opère dans le quartier de Canaan, dans la capitale Port-au-Prince, et que son chef s'appelle Jeff Gwa Lwa.

Toujours selon le reportage, les groupes armés contrôlent actuellement 80 % de Port-au-Prince. Le reportage indique également qu'aucune élection n'a eu lieu en Haïti depuis 10 ans et que son président a été assassiné il y a 5 ans.

BBC News Arabe rapporte que les Nations unies ont déclaré que plus de 5 700 personnes ont été tuées ou blessées en neuf mois, en raison de la violence des groupes armés en Haïti ou des opérations menées contre eux. L'agence cite également les Nations unies, selon lesquelles plus de 230 000 personnes ont été enlevées sur la même période et au moins 1 000 femmes et filles sont estimées avoir été violées.

Romain Le Cour, présenté par BBC News Arabe comme responsable de la surveillance d'Haïti et de la Caraïbe au sein de l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée, estime que le nombre de groupes armés en Haïti se situe entre 150 et 200, et que chaque groupe compte entre 8 000 et 20 000 membres, dont des enfants. Il s'agit d'estimations qui lui sont attribuées.

Romain Le Cour affirme que les groupes armés contrôlent toutes les routes menant à la capitale et prélèvent des taxes sur les marchandises aux points de contrôle. Il affirme également que les aéroports internationaux sont fermés et que les groupes ont pris le contrôle de zones dans les régions où la police ne peut pas accéder. Il a déclaré à BBC News Arabe : « Ils contrôlent toutes les routes menant à la capitale. Cela signifie que si vous voulez atteindre la capitale, vous devez passer par des points de contrôle tenus par les groupes armés. »

Selon le reportage, le nom du groupe haïtien « Taliban » figure parmi ceux d'autres gangs dans un rapport présenté au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce rapport décrit ces groupes comme des entités criminelles impliquées dans le trafic d'armes, de drogue et de carburant, dans les mauvais traitements infligés aux migrants et dans l'extorsion.

Les récits divergent sur l'origine du nom. Le rédacteur en chef d'un média en ligne haïtien, dont le nom n'a pas été mentionné, a déclaré : « Ce nom est directement tiré de celui du mouvement afghan des talibans. » Il a ajouté que le nom vient du mouvement afghan parce que le groupe le considère comme rebelle et courageux. Pour sa part, Romain Le Cour affirme que ce mot est utilisé dans l'argot haïtien pour désigner une personne forte, respectée et influente, et que le groupe est perçu comme une forme de résistance à l'État.

Selon le reportage, il y a 3 ans, le groupe a pris le contrôle d'une radio à Mirebalais et l'a rebaptisée « Taliban FM ». Cette radio diffusait auparavant des messages de propagande et des discours du chef du groupe.

Selon le reportage, des groupes portant le même nom existent dans deux autres pays. Au Kenya, un groupe se faisant appeler « Taliban » s'est formé au début des années 2000 après sa scission des « Baghdad Boys », selon le reportage. Selon les rapports, ses activités comprennent l'extorsion de chauffeurs de transports en commun, le trafic de drogue, le vol et la mobilisation de personnes pour des rassemblements politiques.

Au Pérou, le gang « Los Talibanes » opère dans la ville de Trujillo, selon le reportage. Selon les rapports, il est impliqué dans l'extorsion d'entreprises de transport, dans des menaces contre des chauffeurs et dans des affrontements armés avec des groupes rivaux. Selon le reportage, la police a annoncé l'an dernier l'arrestation de membres du groupe et le démantèlement de l'une de ses cellules.